Mon cheminement

 

Je suis Guide de haute montagne depuis 1992 et thérapeute en cabinet depuis 2008.  J'ai poursuivi un travail personnel pendant de nombreuses années afin d’être fidèle à moi-même, à mes valeurs et à ma nature profonde.

 

 

De part mon histoire, j’ai dans mes débuts professionnels fait des choix où  le coté exutoire prenait beaucoup de place. Ma pratique de l’alpinisme allait dans ce sens. Il était vital pour moi de pouvoir m’exprimer en montagne tout comme peut le faire un chef d’entreprise qui se jette à corps perdu dans son activité frénétique. Lorsque  cette possibilité d’expression n’était plus possible (mauvais temps, moins de clients) je ressentais un profond malaise. De nouveau confronté à ma réalité, c'est-à-dire, à mon passé dans lequel je m’empêtrais en remettant sans cesse la faute sur l’autre. Processus de victimisation dont j’ai pris conscience assez tard mais que j’ai pu reconnaître comme tel. A partir de ce constat, il m’a été possible d’amorcer un processus de changement.

 

Une véritable démarche de responsabilisation allait se mettre en route. Un véritable désir de m’affirmer dans ce que je suis en profondeur…

Ainsi, mon besoin d’approbation, mon besoin d’être fidèle aux autres, à ma culture, à mes croyances allaient prendre une autre direction pour laisser place progressivement à mon désir profond d’être ce que je suis véritablement. Etre en chemin pour sortir de cette victimisation en étant capable de plus en plus, lorsque je suis en relation avec les autres, de parler de moi plutôt que de parler sur l’autre. Adopter cette capacité de ne plus juger l’autre et de prendre conscience que je suis bien responsable de me blesser avec ce que je reçois. C’est bien moi qui réactive certaines blessures anciennes de mon existence et non le comportement d’autrui. L’autre est libre d’agir comme il le veut. Je respecte profondément ces actes et j’ai appris à bien différencier la personne de ses comportements.

 

Aujourd’hui, j’ai travaillé sur mes manques. J’ai donné du sens à mes émotions, à mes ressentis et j’ai pu ainsi sortir progressivement de ce processus de victimisation où seule la faute incombait à l’autre.

 

Avec cette notion « de cordée », langage métaphorique de la relation, je peux illustrer ce qu’est pour moi une relation en bonne santé. Tout d’abord, faire cordée c’est d’abord apprendre à faire cordée avec moi-même. Comment pourrais-je prétendre former une cordée avec l’autre si je ne suis pas relié à moi-même. Pleinement conscient de mes capacités, j’allais pouvoir proposer à l’autre une relation plus riche, plus vivante, pleine d’énergie. Une relation dans laquelle j’allais doucement sortir de ce besoin d’approbation pour me relier de plus en plus à mon besoin d’affirmation, à ma capacité à dire, à mettre en mots afin de sortir des non dits. Capacité d’apposer mon point de vue en prenant le risque de déplaire et de ne plus répondre à une certaine image… Bonheur d’être enfin libéré d’une emprise sur laquelle je ne pouvais pas grand-chose avant d’avoir amorcé ce processus de changement. Apprendre à faire des choix et donc à renoncer. Sortir de mes zones d’ombres pour aller vers mes zones de lumières en proposant une relation responsabilisante, respectueuse et fidèle à moi-même.

Cette façon d’avancer pas à pas vers ce processus de changement est un gage de sécurité pour moi et ceux avec lesquels je vis. Cela rejoint ma notion de la performance.

Être performant pour moi, c’est être capable d’être en chemin vers le sommet en étant relié à moi-même et aux autres. Mais c’est être aussi capable de redescendre du sommet, toujours en étant relié et d’en sortir grandi, vivifié et plein d’énergie. A quoi bon atteindre des objectifs si je me maltraite et que j’impose à l’autre une relation de pouvoir (menace, chantage, injonctions, peurs). J’arriverais certes à un résultat mais dans une direction totalement opposée à mes valeurs. La cordée sortira de cette course folle, épuisée, pleine d’amertume et de rancoeurs et surtout ce qu’il y a de plus grave : elle ne pourra plus amorcer la descente dans une relation sereine et de qualité.

En tant que responsable de cordée, je prône l’autorité. Autorité dans ce qu’elle a de vertueux, c'est-à-dire au sens étymologique, de rendre l’autre auteur de sa vie, responsable de ses actes et de ses choix. Cela est différent du pouvoir et donne à réfléchir sur la notion d’ego qu’il est utile de revisiter aujourd’hui.

Je pense profondément que le management actuel ne peut se passer d’une refonte profonde de son cadre d’intervention sous peine de ne jamais pouvoir amorcer cette descente vitale au cœur de la vie. Apprendre à freiner, ralentir…

Aujourd’hui, ma plus belle réussite est d’avoir amorcé cette descente de la tête vers le cœur.

Mon souhait est de pouvoir partager ma démarche avec les autres. Avec ma famille et mes amis bien sûr, mais aussi avec mes patients et le monde du travail. L’entreprise est un maillon essentiel à l’économie d’un pays, à sa survie. Je crois profondément à l’entreprise et pense qu’il est urgent de lui apporter une quête de sens de façon à ce qu’elle amorce un processus de changement en profondeur.

Démarche qui va prendre du temps et qu’il faut proposer. La proposer en l’illustrant d’expériences vécues et réussies.

Devenir un acteur qui puisse être en capacité d’écouter l’autre, de lui permettre de s’exprimer et de donner du sens à son tour à ce qu’il sent, ressent, vit.

Lui permettre de faire cordée avec lui et les autres pour enfin devenir performant.

Apprendre à devenir un Guide où « le sens » conduit mes pas, tout comme le chef d’entreprise peut donner du sens à ce qu’il fait en étant dans une tension juste.

 

L’avenir de la planète m’inquiète. La direction que prend le monde me fait peur.

Je ne pourrais pas changer les autres. D’ailleurs ce n’est pas mon souhait.

Je cherche d’abord à évoluer dans cette ascension « de la tête vers le cœur » pour me relier à mon moi profond afin de pouvoir proposer des pistes à mes semblables.

J’ai un profond amour et un grand respect pour chaque être humain et mes valeurs sont profondément humanistes.